27 mai 1797, milieu d'après-midi, en Vénétie. Le surlendemain de la prise de Venise, l'armée d'Italie menée par Bonaparte prend résolument le chemin d'une nouvelle offensive qui doit lui permettre de porter un coup final aux Autrichiens. Les dernières forces vénitiennes menées par le général Fontana Piccio ne semblent pas constituer un obstacle sérieux, et pourtant. Les derniers combattants de Venise L'armée vénitienne comportait : - l'état major du général, 12 hommes ; - trois unités d'infanterie de ligne (80 hommes chacune), avec 1 point d'expérience pour les deux premières, trois pour la dernière ; - une batterie d'artillerie de 12 livres à pied (2 canons – 12 hommes) avec 3 points d'expérience. L'armée française : - l'état major de Bonaparte, 12 hommes, 2 points d'expérience ; - le 2e chasseurs à cheval (23 hommes), 3 points d'expérience ; - le 1er chasseur à pied (infanterie légère – 24 hommes), 2 points d'expérience ; - les « Bastillars » (infanterie révolutionnaire – 47 hommes), 2 points d'expérience ; - les « Marseillaise » (infanterie révolutionnaire – 59 hommes), 2 points d'expérience ; - les « Citoyens de Modène » (infanterie révolutionnaire – 50 hommes), 1 point d'expérience ; - les Miliciens de Trente (Milice – 54 hommes) ; - 2e Artillerie à pied de 6 livres (1 canon – 6 hommes), 6 points d'expérience ; - 3e Artillerie à pied de 6 livres (2 canons – 12 hommes), 4 points d'expérience. L'armée française est forte de sa diversité, de son expérience, de la qualité de son général, mais elle est constituée d'unités déjà clairsemées par les combats précédents.

Une belle journée de printemps Les combats débutent sur un terrain de petites collines, majoritairement couvertes de prés et où se trouvent quelques lambeaux de bois et quelques murs en pierre sèche. Aucun bâtiment n'est présent. Les deux troupes commencent à la limite de portée des canons. Les canons vénitiens aboient aussitôt, de même que les deux canons du 3e d'artillerie à pied. L'autre canon français est lui en train de progresser pour s'installer sur un petit promontoire entouré de falaises. Un coup heureux de l'artillerie française creuse un sillon dans l'infanterie vénitienne : 10 hommes ne se relèvent pas. L'ensemble de l'armée vénitienne opère alors un repli tactique pour grimper sur une colline, après avoir traversé un petit vallon boisé. Tandis que les canons du 3e d'artillerie tentent sans succès d'atteindre l'ennemi, l'unique pièce du 2e d'artillerie a atteint son promontoire et commence à tirer en essayant de toucher les canons ennemis qui du fait de leur lenteur constituent l'arrière garde vénitienne. L'armée française commence à avancer vers l'ennemi tandis que les canons tirent toujours, quoique sans grande chance de toucher à une si longue portée. Les cavaliers du 2e chasseur sont envoyés en avant. Une occasion semble se dessiner : tandis que l'infanterie vénitienne investit une colline et se tapit derrière le muret qui s'y trouve, leur artillerie se traîne derrière, progressant avec difficulté dans le petit bois situé en contrebas. Les fantassins sont trop loin et ne peuvent couvrir la retraite des canons. L'une des trois unités d'infanterie reste cependant invisible.
La sérénissime ruse Les chasseurs à cheval sont lancés, avec mission de détruire la dangereuse batterie de 12 livres, des canons d'un calibre double de celui des Français. Après un mouvement rapide la charge est lancée, mais l'orée du bois crépite du feu des fusils ! 
160 hommes y étaient dissimulés, l'unité « invisible » mais aussi une troupe d'infanterie qui était cachée là depuis le début du combat (il y a donc 4 unités d'infanterie de 80 hommes, dont deux avec 3 points d'expérience !). Les chasseurs à cheval ripostent et entament une retraite rapide pour échapper au piège mortel, ces Vénitiens sont retors !
13 cavaliers ont été tués, 10 seulement reviennent en bon ordre, rude coup, huit Vénitiens sont restés à terre. L'ensemble des troupes vénitiennes gagne alors la colline et s'abrite derrière le muret : 4 unités d'infanterie et les deux canons. Côté français, les trois troupes d'infanterie révolutionnaire (Bastillars, Marseillaise, Citoyens de Modène) avancent, côte à côte. Les deux canons ont été attelés et suivent, de même que Bonaparte. Le canon isolé continue à tirer « pour faire du bruit » et les chasseurs à pied ne bougent pas, ils sont planqués dans un petit bois, invisibles depuis le début. Les trois troupes d'infanterie révolutionnaires s'installent sur la droite du dispositif vénitien, derrière un muret, hors de portée de fusil, mais non de la batterie de 12 qui a recommencé à tirer. Mourir pour trois platanes Au centre sur une petite butte où poussent trois grand arbres, les deux canons du 3e d'artillerie s'installent, couverts par les 54 miliciens de Trente et par les 10 chasseurs à cheval rescapés. Une troupe vénitienne (80 hommes) court vers la colline des trois arbres pendant que les Français s'y installent, une seconde la suit (72 hommes) puis une troisième (80 hommes). La première décharge de mitraille des canons passe trop haut, les miliciens de Trente tirent, Napoléon s'approche pour soutenir ses troupes. La première troupe vénitienne poursuit malgré ses pertes et fonce engager les miliciens au corps à corps. La seconde troupe charge les canons.
 À 24 contre 48, les miliciens sont dépassés en nombre, mais la présence de Napoléon leur permet de tenir. Les canonnier réussissent in extremis à envoyer une volée de mitraille, mais leur situation est critique, 66 furieux leur tombent sur le poil, alors qu'ils sont 12 ! Ceci dit, les 10 chasseurs à cheval tirent pour les soulager, puis chargent à leur tour. Les derniers miliciens se font massacrer sur place, il reste 44 vénitiens de la première troupe, 56 de la seconde qui sont aux prises avec les derniers canonniers survivants et les cavaliers. La troisième troupe vénitienne approche, encore hors de portée. Chose inouïe, l'état major mené par Bonaparte lui-même, lance une charge contre les 44 vénitiens. 14 en font les frais, les 30 derniers refluent en panique. Au courage répond le courage : les artilleurs et les cavaliers se font tuer sur place. Si la première troupe vénitienne court ventre à terre, la seconde a fait place nette et compte encore 50 hommes, la troisième (80 hommes), est désormais à portée de tir et tente le carton sur les galons de l'État major. Les 10 cavaliers qui le composent désormais se replient rapidement.
La dernière charge des Bastillars Sur l'aile droite les trois troupes révolutionnaires avancent vers le muret des vénitiens qui n'abrite plus que les canons et une formation de 70 soldats. Disposés en lignes pour éviter les ravages de la mitraille – et pour impressionner l'ennemi – les 150 hommes s'élancent en courant contre la position.

Pendant ce temps là le dernier canon français a quitté son promontoire et s'avance vers le lieu des combats. Près de 30 hommes sont tombés sous la mitraille et les balles avant d'atteindre le muret qui abrite les Vénitiens. Dans la mêlée confuse qui s'ensuit, les Bastillars éliminent les servants des canons vénitiens, tandis que les Citoyens de Modène et les Marseillaise fondent sur la troupe d'infanterie, les deux autres troupes vénitiennes qui étaient restées maîtres du terrain au centre font marche arrière à toute vitesse, près de 130 hommes. Le général vénitien a tenté sans succès de rallier les 30 fuyards qui avaient été impressionnés par la charge de Bonaparte.
 Réduits à 17, l'infanterie vénitienne fuit. Les français n'ont pas le temps de compter leurs pertes, les 130 hommes sont arrivés, il reste 37 Citoyens de Modène, 37 Marseillaise et 25 Bastillars. Un duel au fusil s'engage, les français bénéficiant du couvert relatif du muret, les Bastillars dégustent.
 Le Petit Caporal en péril L'état major vénitien tente une charge à revers contre les Marseillaise (32 hommes), faute d'avoir le temps de tirer, ils contre-chargent ! Les Bastillars, réduits à 7 hommes, paniquent et s'enfuient. Les 36 citoyens de Modène affrontent le feu de 110 fusils. Napoléon accourt. Les Marseillaise ont combattu bravement, il ne reste que 4 hommes au général vénitien qui retraite précipitamment. Mais eux-mêmes ne sont plus que 15 et paniquent à leur tour.

Les Citoyens de Modène sont chargés par 70 vénitiens, Napoléon charge lui-même la seconde unité d'une trentaine d'hommes. Galvanisés par la présence du général, les citoyens tiennent quasiment jusqu'au dernier, mais Bonaparte est blessé et emmené rapidement par les survivants de l'État Major qui fuient. Les chasseurs à pied sont sortis du couvert des bois mais arrivent trop tard pour intervenir.

Chasseurs de Vénitiens Il reste deux unités d'infanterie vénitienne, de 55 et 18 hommes, plus 4 hommes de l'État major vénitien. Face à eux, 24 chasseurs à pied, des hommes ingénieux et habiles un fusil à la main, ainsi qu'un canon de 6 livres et ses artilleurs. Les premiers tirs sont éprouvants, 6 chasseurs tombent, mais quelques tirs bien ajustés frappent la troupe des 18 vénitiens, qui fuient. La charge du général vénitien s'avère vaine, seul rescapé, il sauve sa vie en fuyant. Il reste 18 chasseurs désormais, contre une seule troupe de 55 hommes. Le canon français est loin derrière. Peu nombreux mais habiles au fusil, ils vont alors opérer de petites retraites successives pour éviter un corps à corps fatal contre des vénitiens plus nombreux. Le but ? Les ramener vers le canon qui pourra jouer de la mitraille.
 Les replis du terrain empêchent des tirs longue portée du canon. Au fil des escarmouches il reste 15 chasseurs contre 47 Vénitiens. Des deux côtés les hommes sont épuisés, le moral est encore plus bas que les munitions. 14 hommes contre 40, bien que tout proche, le canon ne peut atteindre les Vénitiens. Nouveaux tirs, 12 contre 32.
Le dernier canon Les Vénitiens chargent alors le canon, qui ne parvient pas à placer de tir meurtrier. A 26 contre les 6 artilleurs, la résistance des canonniers et le tir ajusté des 12 chasseurs postés fait craquer l'unité, les vénitiens pourtant deux fois plus nombreux cèdent et partent en déroute.
 Après une lutte acharnée qui vit même les généraux payer de leur personne, la bataille c'est jouée à un cheveu ! Napoléon blessé va être rapatrié à Nice, loin des combats. La campagne d'Italie va connaître un sérieux coup d'arrêt avec le quasi anéantissement de ce corps d'armée.
Une bataille comme cela ? Un ennemi acharné, rusé, capable de s'accrocher jusqu'au dernier homme ? Non l'IA ne sait pas faire cela. Permettre à un vrai joueur d'incarner l'ennemi dans sa campagne, c'est assurément pimenter celle-ci. Mais qui dit bataille acharnée et passionnante dit campagne fort difficile, de quoi hésiter sérieusement avant d'appuyer sur le bouton qui invite un adversaire ! |