J'ai testé the Darkness II
«Et j'en suis revenu vivant !»
The Darkness II reprend les aventures de Jackie Estacado deux ans après la fin du premier opus. Voyons ce que cela donne.
Récemment, j’ai eu la chance de pouvoir jouer à The Darkness II dans les bureaux de 2K GAmes. Accueilli dans une pièce avec des écrans partout je m’installe confortablement, casque sur les oreilles et manette Xbox 360 dans la main je me lance dans la démo.
Plantons le décor !
On démarre avec un bon trailer de 3-4 minutes qui nous rappelle l’histoire du premier opus. Jackie Estacado découvre le pouvoir du Darkness le jour de ses 21 ans après la mort de son père. Envahi par le monstre et ses pouvoirs il fait pleuvoir la mort sur les ennemies de la famille Franchetti, mafia du coin. Au final ses ennemis auront tué sa fiancée Jenny devant ses yeux et l’auront tous payé de leur vie. Ayant le choix entre devenir un demi-dieu de la mort ou bien mourir il réussit finalement à contrôler le pouvoir et à l’enfouir au fond de lui.
Deux ans plus tard...
L’histoire reprend deux ans après ces évènements et on incarne de nouveau Jackie qui est devenu le parrain en chef de la famille Franchetti. On est accueilli dans un restaurant haut de gamme, qui vous appartient surement, puis conduit à une table où deux jeunes jumelles aux intentions non cachées vous attendent. Assis face à elles et un plat devant vous, l’une des deux se prend brusquement une balle dans le crâne pour venir agrémenter vos pâtes d’une sauce cervelle sans matière grise. À peine le temps de se remettre de cet évènement qu’une seconde plus tard une voiture rentre dans le restaurant par la fenêtre droit sur votre table. On se réveille tiré par les épaules, allongé sur le dos, les pieds trainant devant nous, à tirer sur tout ce qui bouge pour survivre.
Au bord de la mort le Darkness vous rappelle que vous bénéficiez de ses pouvoirs quand bon vous semble et là forcement la tentation est trop forte. Vous refaites appel à lui et c’est le carnage qui commence. Une entrée en matière immédiate et très immersive. S’en suit des combats dans le métro, des flashbacks de votre chère et tendre perdue Jenny qui viennent régulièrement vous hanter et une première piste sur qui est derrière cette attaque du restaurant.

Vous l’aurez compris, en quelques minutes à peine on y est et on se laisse emporter par l’histoire. Je n’en dis pas plus pour ne pas divulguer trop d’informations mais on sent bien le travail effectué sur la trame générale du jeu. En même temps il ne faut pas oublier que celle-ci est tirée d’un comics de Paul Jenkins qui est aux manettes du scénario pour le jeu également.
Vu qu’il a écrit le premier opus de The Darkness, il tient facilement la corde sur le deuxième. Du coup la fluidité et la logique de l’histoire sont agréables à suivre. En revanche on pourra regretter que la plupart des personnages du jeu soient vraiment stéréotypés.
On a le gros Tony. Vinny qui vous accompagne partout. Le tueur du groupe appelé le ‘boucher’ (déjà présent dans le premier). La vieille Tante qui a connu tout le monde depuis toujours et qui fait du tricot au milieu de la famille de mafieux et j’en passe. Mais ça fonctionne, on se laisse entrainer et on veut avancer pour savoir comment on va s’en sortir et qui a voulu nous faire la peau. Malgré tout cela on s’attache plus aux personnages alentours qu’aux héro en lui-même qui n’est pas, tout du moins au début du jeu, si attachant que ça. On voudrait l’aider dans sa quête de vérité mais plus pour connaître les origines du Darkness ou savoir qui veut vous tuer.

J'ai le pouvoir !
Ce fameux pouvoir parlons-en. Le Darkness et ses deux tentacules qui vous sortent de la tête dans le jeu. Il y a celui de gauche aux vertus pratiques comme attraper des armes pour éviter de vous pencher, ouvrir une porte en l’attrapant avec sa gueule pour la faire voler un peu plus loin, chopper une barre de fer et l’envoyer voler vers vos adversaires en espérant faire une belle brochette, prendre une portière de voiture pour en faire un bouclier ou (mon préféré) manger le cœur de vos victimes pour regagner un peu de vie.
Le tentacule de droite lui est un peu plus dans le style pas content, il chope les gens et les coupe en deux, rentre dans leur bouche pour visiter les lieux et ressortir par le ventre. Enfin le genre de chose qu’un tentacule des ténèbres fait au final. N’ayez crainte vous n’aurez pas seulement à manier ces deux serpents des enfers, toute une panoplie d’armes vous attend dans le jeu. Une mitraillette à la main gauche et un Eagle dans la main droite vous permettront de vous faire aussi un chemin au milieu de cette grande ville dangereuse.
Le Darkling est de retour aussi, c’est une sorte de petit démon qui vous accompagne dans votre joyeux voyage pour tuer des gens et ouvrir des portes quand vous êtes bloqué. Habillé d’un t-shirt aux couleurs du drapeau anglais avec la peau tannée d’un chat mort sur la tête, il aura aussi la fâcheuse tendance à exprimer des sons et laisser des odeurs derrière lui grâce à son sphincter. Tout un programme. La jouabilité en elle-même n’est pas une catastrophe mais ce n’est pas la précision qui est la marque de fabrique de ce titre.
Attention il faudra tout de même être très efficace dans des modes de difficultés élevées mais le mode super easy porte bien son nom. Je ne vous conseille pas de jouer du saut car la fonction n’est vraiment pas très efficace, on a l’impression de rebondir sur les murs ou de planer un peu au-dessus du sol quand on est sur une rambarde ou une longue planche. Le Darkness n’aimant pas la lumière vous passerez votre temps à éviter les zones de lumières pour ne pas être étourdi et vous tirerez sur les ampoules et néon de toute la ville.
L’intelligence artificielle connait votre point faible et n’hésitera pas à vous bloquer dans des zones lumineuses ou à tirer des grenades flash pour avoir l’avantage. Dans votre avancée vous tuerez de nombreux ennemis qui laisseront derrière eux une essence d’ombre. Cumulez en un maximum pour les dépenser dans un arbre de compétence coupé en quatre catégories. L’une dédiée aux armes, une autre aux pouvoirs du Darkness, une troisième dédiée aux tentacules et une dernière que l’on pourrait dire ‘artistique’ qui vous offrira de nouvelles méthodes d’exécution.

Atmosphère, atmosphère...
L’ambiance est forte et pesante, on est très vite pris dans l’histoire et ses effets de cel-shading nous donnent l’impression de nous balader dans un comics. Il faut reconnaitre que les graphismes ne sont pas ce que l’on fait de mieux aujourd’hui et que les effets de reflets sur les tentacules sont assez tranchants avec le reste, mais c’est suffisant. Les musiques sont là mais ne prennent pas la tête et les doublages des personnages sont vraiment réussis, surtout quand on sait ce que les doublages peuvent être dans certains jeux. On sent un effort de la part des acteurs et les scènes entre Jenny et Jackie sont vraiment prenantes avec des musiques qui mettent une ambiance immédiatement (petite dédicace au passage du slow dans le bar).
Le bien ou le mal ?
Mais le bien, le mal que faire ? Que choisir ? C’est une question qui vous est posée régulièrement dans le jeu. Prenons un exemple pour vous montrer comment la réalisation, qui est vraiment réussie, vous fera changer d’avis par rapport à ce que vous auriez fait normalement.
Une scène simple : vous courrez derrière vos adversaires et d’un coup deux d’entre eux se trouvent pris à revers par votre arrivée et ils se mettent immédiatement à genoux, les mains sur la tête car ils n’ont pas d’arme et vous demandent la vie sauve. Bon honnêtement sur le moment on est blindé de deux mitraillettes et les mecs font vraiment de la peine on aurait franchement tendance à les laisser tranquille. Mais
The Darkness II vous aura préparé un peu plus psychologiquement avant pour vous aider à prendre une autre décision.
Voilà vous poursuivez un homme qui a voulu vous tuer, vous rentrez dans un bar abandonné et là ‘paf’ flashback’. C’est le bar où vous alliez retrouver votre fiancée Jenny. Elle est là à fermer la boutique et vous saute dans les bras en vous voyant. Vous discutez et préparez une soirée ‘film dans le canapé’ pour le week end et le tout se finit sur un slow langoureux où elle fond littéralement dans vos bras. Elle s’échappe de votre étreinte pour fuir dans la cuisine, vous la suivez et en ouvrant vous retomber sur le décor du bar délabré et vous vous rappelez que Jenny a été tuée sous vos yeux d’une balle dans la tête par des mafieux en voulant à votre personne il n’y a pas longtemps. Vous avancez de deux trois pas et là sur qui on tombe ? Les deux mecs désarmés qui vous implore pitoyablement pour leur vie car ils n’ont pas une arme sous la main.
Alors ? Un peu moins scrupuleux à tirer sur la gâchette hein ? Personnellement après j’ai même mangé leurs cœurs avec mes tentacules. On peut donc se demander si le jeu proposera des choix clés et si nos choix auront un impact sur l’histoire et pourquoi pas s’il y aura plusieurs fins possibles ? Dans
mon interview avec Sheldon Carter le créateur du jeu et Cliff Daigle un artiste sur les lumières et ambiances j’ai réussi à avoir une piste sur ce point. Plus tard dans l’histoire on aura des choix beaucoup plus importants à faire que de laisser la vie sauve à deux hommes de mains et que ces choix auront des conséquences. On peut supposer que le jeu ne sera pas si linéaire, mais se regroupera-t-il à la fin pour n’offrir qu’une issue à l’histoire ? Là je ne sais pas.
Nous savons que le jeu a un mode co-op avec quatre personnages qui disposent également du Darkness mais je n’ai pas eu accès à cette partie du jeu. Je sais qu’il faudra être attentif à sa survie et à celle de son partenaire dans ce mode mais sans y avoir joué, difficile de donner un avis sur la jouabilité et l’intérêt de cette partie.

Nous voilà donc face à un titre qui n’est pas forcément le jeu du siècle mais qui divertit bien et fait filer les minutes rapidement manette à la main. On a envie de connaitre les origines du Darkness, comprendre pourquoi tous ces flashbacks nous reviennent subitement, éliminer ce groupe de la confrérie et … je n’en dis pas plus mais l’histoire est vraiment la clé de tout. On jouera plus pour connaitre le fin mot de tout cela que pour les aspects FPS. On passe de très bons moments devant son écran et on se laisse vite, très vite emporter dans la vie de Jackie Estacado. Un bon titre à venir que je conseille aux curieux et que je préconise vivement pour les amoureux du premier opus.
Saeba