RSSRSS

GamerSince : CultureG.amer

GamerSince

CultureG.amer

«Féminisme: Les joueurs en avance sur les éditeurs ?»

Féminisme : les joueurs plus en avance que les éditeurs ?


Alors que je recherchais une critique de film sur le net je suis tombée sur un article à tendance féministe sur le rôle de la femme dans le cinéma et je n’ai pu m’empêcher de faire le lien avec le milieu du jeu vidéo.
Le "test Bechdel", du nom de son auteur Allison Bechdel, est une façon très simple de juger de la place des femmes dans un film.

Il tient en 3 questions :
1) Y a-t-il au moins deux personnages féminins portant des noms ?
2) Ces deux femmes se parlent-elles ?
3) Leur conversation porte-t-elle sur un sujet autre qu'un personnage masculin ?

Citation : "Ce test peut être considéré comme un indicateur de sexisme, dans la mesure où il montre l'absence ou l'aspect restrictif des rôles féminins au cinéma, qui sont soit inexistants, soit utilisés comme faire-valoir du héros masculin."

Force est de constater que même dans le milieu du jeu vidéo quasiment aucun jeu ne passe ce simple test.
Sans m’attarder sur la validité dudit test, question que je laisse aux sociologues et autres philosophes, il est évident que le milieu gamer a d’abord été créé par des hommes et pour des hommes, et bien que les personnages féminins aient toujours eu une place importante dans l’univers vidéo-ludique ceux-ci sont, 99% du temps, cantonnés à des archétypes pré-établis:
- l’aventurière solitaire sexy (ex: Lara Croft)
- la guerrière solitaire sexy (ex: Bayonetta)
- la vilaine solitaire sexy (ex: Catwoman)
- la damoiselle en détresse (ex: Princesse Zelda ou Princesse Peach)


Tomb Rider avec lara Croft

Et comme au cinéma nous retrouvons également le duo masculin/feminin ou encore le personnage féminin seul au milieu de personnages masculins (cela s’appelle, paraît-il, le syndrome de la schtroumpfette).
La femme commune est donc rarement représentée ou alors en tant que figurante, la succube ayant toujours plus de succès le choix est vite fait pour les éditeurs/créateurs de jeux.


Bayonetta

Là où la différence des genres est plus évidente c’est plutôt dans le rapport de force et c’est étonnement flagrant dans les jeux de baston où les personnages féminins bien que très représentées, ne font jamais parti des meilleurs personnages (du top tier on dit !).
Lorsque j’ai osé dire ça à ma moitié celui-ci s’est insurgé en disant que le personnage de Mai Shiranui (King of Fighters) était très fort.
Mmmh forcément lorsqu’on voit la bête on se dit qu’un coup de sein et c’est le knock-out assuré....


Mai Shiranui (KoF)

Idem dans les jeux où l’on peut choisir entre un personnage féminin et un personnage masculin, exemple type Resident Evil : le personnage féminin, petite chose fragile, débute avec un flingue et des munitions, alors que le personnage masculin démarre avec "la b*** et le couteau", littéralement.
Les petits bonus de fin de jeu permettant le plus souvent de débloquer la tenue sexy pour le personnage féminin et celle de “militaire-classe” pour le mâle (dingue ça existait avant les DLC et c’était gratuit !!!).

D’un autre côté, je ne peux aussi que constater que les personnages masculins sont la plupart du temps également ultra-clichés, tout en virilité, muscles et yeux bleus. Souvent limités intellectuellement ou en tout cas l’intelligence/le raisonnement ne faisant pas partie des features de base, ils évoluent à grands coups de pieds dans la tronche et moultes répliques faisant partie intégrante de la panoplie du "beau-gosse-five", du "marine-qui-a-tout-vu" ou du “même pas peur”.
Je ne peux que citer Duke Nukem qui en est devenu une légende tellement il est cliché.


Kratos (God of War), la nouvelle référence en terme de virilité !

Doit-on du coup en déduire que les joueurs masculins ne s’identifient qu’à des personnages sexistes, mono-neurone et top models ?
Et que du coup c’est aussi uniquement ce qui attire les joueuses/plait aux femmes ?
Ou n'est-ce pas plutôt le support lui-même, sensé apporter du ludisme, qui prédéfini une recherche inconsciente d'une certaine personnification de nos fantasmes ?

Il ne faut pas l’ignorer non plus, à l’heure actuelle le nombre de “joueuses” ne cesse d’augmenter. Et je ne parle pas de Wii-fit !
Très présentes dans le milieu du mmo par exemple, elles parlent stuff, skill et font du HL. Elles ne se contentent pas d’être figurantes, et nombre de guildes sont dirigées par des femmes, il y a même des raid leaders, et je crois que cela ne dérange pas les joueurs tant que le GL/RL joue son rôle de GL/RL. De la même manière il m’est arrivé souvent de croiser d’excellentes joueuses HL qui pourraient en apprendre à nombre d’excités qui ne maitrisent pas leur classe.
Seule différence notable, autant les mecs vont créer énormément de personnage féminin (que celui qui n’a jamais fait exprès de déshabiller son avatar pour “voir” me jette la première pierre (on dit syndrome du "style coréen") autant je ne connais aucune fille qui peut jouer un perso masculin, même si j’imagine qu’elles doivent exister je reste persuadée qu’elles sont ultra-minoritaires.

Alors les joueurs plus en avance que les éditeurs ?


Tera (ou le syndrome du style coréen...)

Peut être... même si dans les faits et si on gratte un peu, les demoiselles/dames sont très peu présentes dans le domaine de l’e-sport ou de la compétition, ou même plus simplement sur des jeux de type MOBA ou dans le PvP sur les mmo. Nous manquerait-il un gène spécial kikoulol pour apprécier ce type de gameplay ? Ou est-ce plutôt l’univers "gamer" qui n’est pas encore prêt ?

Je ne saurais répondre, mais de ce que j’ai pu constater sur les forums, les chan généraux en jeu ou de guildes, Mesdames, Mesdemoiselles vous usez et abusez encore de votre statut de “chose fragile qui recherche grand-mâle-viril pour partager expérience de jeu unique” … Après il ne faut pas non plus s’étonner …. les clichés ont encore de beaux jours devant eux, mais est-ce vraiment un mal ? 

Le mot de la fin je le laisse à “Chloé/Chlorure “ (site de Neogrifter):


 


Tous les articles

suivante »